rêverie du soir... bonsoir !

rêverie du soir... bonsoir !

# Posté le samedi 17 mars 2007 14:28

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 11:16

encore une de mes nouvelles de mon recueil "insalubrités d'un monde parfait ou : la Terre tourne à l'envers"

WELCOME TO PARADIZE

Nerval, Aurélia : “Le rêve est une seconde vie, c'est une vie plus réelle que la vie dite réelle”

Il faisait plutôt beau dehors ; il y avait un peu de bruit dans le grand et vieux bâtiment de pierre, qui ressemblait à une église. Il y avait une réunion à l'intérieur, quelque chose de commercial, ou un truc comme ça, dans le commerce... Un homme parlait devant une foule, il avait l'air d'être quelqu'un d'important ; J'étais assise au premier rang, sur un vieux banc en bois... putain, on dirait vraiment une église ! Mais je n'écoute pas ce qu'il dit, ça ne m'intéresse pas, ses paroles raisonnent dans ma tête, d'une façon sourde, lointaine... Une fine rosée recouvre l'herbe dehors, il est encore assez tôt. A côté de moi, au premier rang, nous sommes les deux seuls devant d'ailleurs, il y a un homme qui a un look assez original ; Il porte ses cheveux bruns et raides aux épaules, il est maquillé, très maquillé, peut-être même trop, on dirait qu'il essaie de se moquer d'une femme vulgaire, mais je ne pense pas que c'était sa motivation première... Il voit que je suis dans le même genre d'esprit que lui, enfin je crois, et il se met à me parler. Le feeling passe plutôt bien, il plaisante et je ne peux que rire ; Il est génial ce type, voilà comment rendre moins ennuyeux une réunion aussi sérieuse ! On entend des petits murmures dans la salle, l'air de dire “ ils nous font chier ces deux cons plantés devant la salle à rire bêtement ”, mais on s'en fout, ils peuvent dire ce qu'ils veulent, puisque comme d'habitude ils disent tout derrière notre dos, et en plus à voix basse. Mais dans ce bourdonnement de langues de vipère je peux sentir que quelqu'un est plus agacé, il tape même du pied. Je n'y avais pas vraiment fait attention sur le coup, c'est là, avec le recul, en vous en parlant... Le mec avec qui je discute est vraiment très sympa, et je sais que je lui plaît... Il croit que je ne l'ai pas remarqué, mais au fur et à mesure qu'il me parle il se rapproche de moi, il incline son visage vers le miens, il m'effleure la jambe avec la sienne, qui trépigne comme si le discours de cet abruti en costard – cravate l'énervait de plus en plus, mais moi je sais que c'est une “ fausse excuse ”, et apparemment je ne suis pas la seule : un mec se plante devant nous, un ladyboy brun, avec de magnifiques yeux bleus mis en valeur par un trait d'eye-liner noir, il a l'air fâché, mais pas par colère, on dirait plutôt par jalousie : il nous dit avec un ton qui se voulait plutôt sec et ferme que si l'on voulait discuter nous n'avions qu'à aller dehors ; Je fus un peu surprise, pour une fois qu'on nous parlait en face ! Je lui lançais un “ ok, pas de problème ”, je voulais avoir l'air sûre de moi, je pris l'homme avec qui je discutais par la main et nous sortîmes. Il faisait vraiment beau dehors, et l'endroit était plutôt agréable ; Un grand terrain entouré cette grande baraque où nous étions quelques instants plus tôt, il y avait également des champs où se trouvaient de magnifiques chevaux, et une forêt entourait tout cela ; Elle n'était pas du tout éloignée cette forêt, au contraire, on avait plutôt l'impression que la maison avait été construite dans la forêt, et qu'on avait abattu d'autres arbres pour créer ces champs... Je lançais un regard complice à l'homme que j'avais pris par la main ; On était vraiment sur la même longueur d'onde à ce moment-là, c'était incroyable, j'avais l'impression qu'on se connaissait depuis toujours... Nous continuâmes de discuter, après s'être assis sur la grande et large rampe de pierres qui entourait les escaliers menant à la salle de la réunion. On rigolait vraiment bien tous les deux, même si je savais pertinemment que nous n'étions pas QUE tout les deux : je sentais la présence du ladyboy qui nous épiait devant la porte ; Il écoutait le moindre mot, la plus petite parole que le gentleman me disait pour me faire sourire. J'entendis de nouveau ce petit bruit, “ tap, tap, tap ” : le ladyboy tapait de nouveau du pied, il était agacé. Le mec qui était assis à côté de moi enchaînait plaisanterie sur plaisanterie, je lui plais et je le sais, et Il le sait, il se rapproche de plus en plus de mon visage, il m'effleure, tout en continuant à blaguer... Je ne fais même plus attention à ce qu'il dit, je ris seulement, pour attiser SA jalousie. Le gentleman essaie une première fois de m'embrasser, mais non, je dévie la tête, je lui souris, et c'est à mon tour de commencer à flirter avec lui : c'est la goutte d'eau qui fit déborder le vase, et IL sortit de sa cachette, il avait l'air furieux, ou plutôt très courroucé. Il nous regarde d'un air esseulé, comme si le monde – c'est-à-dire nous – était contre lui. Je m'aperçus qu'il avait un appareil photo autours du cou, il devait sûrement être là en tant que photographe pour compléter un article sur cette réunion, ou alors c'était un jeune artiste qui venait chercher des fonds... En tout cas, cela me donna une idée, et je lui demandai si on pouvait nous prendre en photo. L'air surpris et indigné accompagnait son mouvement de tête qui signifiait un refus, et je compris bien pourquoi il disait non : ma ruse avait réussie ! Je lui précisai alors que c'était avec lui que je voulais poser, et que le gentleman allait nous prendre en photo. Il me regarda de nouveau d'un air surpris, mais toute colère dissipée, et on pouvait apercevoir une petite étoile qui brillait au fond de ses yeux... Il accepta cette fois-ci. Nous cherchâmes alors une pose à deux, et j'en profitais pour jouer avec lui, en flirtant... Je passais mon bras autours de sa taille, il me passa le sien autours des épaules, avec ma main j'essayai d'attraper sa main, et nous passâmes plusieurs minutes à se chercher et à se trouver... Nous nous trouvâmes si bien que nous finîmes par nous embrasser, et le gentleman, fair-play, choisît de prendre la photo à ce moment-là. Quelques instants après, nous nous décidâmes à séparer nos lèvres : je voulais récupérer tout de ce baiser, le plus beau que l'on ne m'avait jamais donné, et je regarda fixement le ladyboy en passant ma langue sur mes lèvres. Il se mit à rire, je ne comprenais pas, et il finît par m'avouer...que j'avais la langue verte ! Certes, ça a beau être une de mes couleurs préférées, elle n'était pas placée exactement au bon endroit et pas exactement au bon moment ! Une fraction de seconde me suffît pour comprendre quelle était la cause de ce trouble-fête : j'avais peu de temps avant un bonbon à la menthe... putain de colorant à la con ! Gênée, je me résolut à prendre bien la chose, je m'excusa en rigolant, je lui dis que j'allais dans la salle de bain pour nettoyer tout ça, puis avant de m'éclipser je lui tira une dernière fois la langue, pour le faire rire, et c'est ce qu'il fît. Quelques instants après, il me rejoignît dans la salle d'eau : il me parla de son groupe de rock, avec lequel il était actuellement en tournée, c'était d'ailleurs pour solliciter une aide financière pour ce même groupe qu'il était ici, mais il avait le pressentiment que ça ne durerait pas, il n'était pas encore si vieux ( moi je le trouvais plutôt jeune d'ailleurs ) et il voulait reprendre ses études, des fois que ça lui servirait un jour ; On lui avait fortement déconseillé la médecine et, bien qu'il avait toujours aimé jouer au docteur, il se résolut à ne pas faire une grande carrière médicale. Il allait me dire le type d'études qui lui plairait, mais quelqu'un le coupa : on l'appelait en bas. Il me jeta un regard vif et me dit “ excuse-moi ” avec un petit sourire. Lorsque je suis ressortie de la salle de bain, j'aperçus quelqu'un qui passait dans le couloir et je lui demandai où était le ladyboy ; Il me dit qu'il pique-niquait dehors avec le maître de maison, et d'autres invités. Je suis donc redescendue, et je m'arrêta en haut des marches devant la maison afin d'avoir une vue d'ensemble pour le chercher du regard : je l'aperçus à ma gauche, sous un arbre, et seul. Je vins m'installer sur sa serviette, et nous échangeâmes de nouveau un regard complice. Presque aussitôt il me donna une timbale, et il me demanda si je voulais du café : je lui répondis que oui. Alors, il me reprit la timbale, le temps de la remplir, puis il me demanda si je voulais du sucre ; De nouveau je lui répondis par l'affirmative, que j'en voulais un seul, et je remarqua qu'il avait un petit regard amusé : il m'expliqua alors qu'ici, parmi tous les invités etc., j'étais la seule avec lui à prendre du sucre : décidément, nous étions sans cesse marginalisés ( mais moi je n'arrive pas à boire mon café sans sucre ! ). Nous voulions discuter, mais nous n'y arrivâmes pas à cause du monde qui était autours de nous – la foule ne favorisait pas l'intimité ! -, et il arriva la meilleure de toute : le jardinier passa avec la tondeuse. Je glissa alors à l'oreille du ladyboy s'il pourrait m'apprendre l'anglais si on se revoyait – il m'avait confié un peu plus tôt qu'il était franco écossais et que, par conséquent il était parfaitement bilingue - , et de toute façon moi je comptais bien le revoir ! Il me demanda si j'avais tout de même déjà des bases ou s'il devait tout m'apprendre depuis le début ; Je lui répondis que je baragouinais un peu, quelques mots, et que ça je le faisais déjà mal. Nous continuâmes à discuter un peu, puis il s'excusa pour aller aux toilettes. Au bout de deux minutes il me manquait déjà horriblement, alors je pris la résolution d'aller le rejoindre. Lorsque j'entra dans la salle d'eau, il était en train de se laver les mains. Il leva les yeux, m'aperçut et me sourit. Je lui dis que j'avais envie de reprendre la conversation que nous avions tout à l'heure. Je lui dis que moi j'avais fait des études classiques, que j'avais déjà en poche un bac littéraire et que les sciences n'étaient sûrement pas pour moi, et tout le tralala, mais que ce genre d'études étaient plutôt ennuyeuses et que j'allais arrêter pour me reconvertir. Je lui dis que moi aussi j'avais entendu les mêmes choses péjoratives que lui sur la médecine. Il s'apprêta à sortir de la salle de bain, alors je lui demanda s'il rejoignait la bande de cons qui était dehors ; Il me répondit que sûrement que non, qu'il en avait assez de devoir se tenir “ docile ” – et sans doute pour rien – et que, comme il avait aperçu des chevaux en arrivant, il allait faire une ballade. Je lui répondis que c'était une idée super, que s'il acceptait ma compagnie je viendrais avec lui parce que j'adorais les chevaux et que j'avais fait de l'équitation pendant plusieurs années, bien que cela faisait un baille que je n'en avais pas refait, etc. Naturellement, ce qui me surprend d'ailleurs maintenant que j'y repense, nous nous prîmes la main et descendîmes les escaliers : nous nous retrouvâmes dehors devant ceux qui continuaient leur “ goûter ”. Le ladyboy demanda au propriétaire si l'on pouvait emprunter les deux chevaux qui se trouvaient dans le champ juste derrière, mais il répondit qu'il ne nous ferait certainement pas ce plaisir. Le ladyboy, furieux, me reprit par la main et nous partîmes par le petit chemin qui se trouvait à droite. Il portait de fines chaussettes blanches et moi j'étais pieds nus : nous avions ôté nos chaussures un peu plus tôt pour monter sur la serviette lors du “ goûter en plein air ”, et nous ne les avions pas remises. Le sol était froid, poussiéreux, et les cailloux qui jonchaient le chemin me faisaient mal aux pieds. Nous nous engageâmes dans un petit bois, où d'ailleurs se trouvaient les autres chevaux du propriétaire, et il me dit que même ceux qui enterrent les morts sont mille fois mieux que cette bande de cons. Je ne compris pas exactement ce qu'il voulait dire, mais j'acquiesçai d'un hochement de tête. Il était très énervé, et il me regardait fixement : en le voyant comme ça on aurait crû qu'il serait prêt à bondir sur quelqu'un et le frapper à mort, mais je voyais bien dans ses yeux qu'il se passait quelque chose, quelque chose de fort, de magique, d'inhabituel. Puis, un éclair traversa ses yeux ; Il devait repartir à quatre heures du matin mais il ne voulait plus partir, en tout cas pas sans moi. Il eut un élan et m'embrassa. Je lui dis qu'alors on avait qu'à partir, s'enfuir loin d'ici, et que tout le monde nous oublierait et que l'on pourrait enfin vivre. Mais il me dit que pour l'instant il ne pouvait pas quitter le groupe. Je lui dis alors qu'il n'avait qu'à me prendre avec lui en tournée, que je serais même prête à bosser pour lui, quitte à faire le ménage dans sa loge, etc. ; Il me répondis alors que j'étais malade, et que de toute façon s'il m'emmenait il ne me ferait certainement pas travailler. J'avais l'impression que nous étions soudainement pris d'un “ élan de passion ”, que plus rien ne pourrait nous arrêter. Il me dévorait du regard, et je faisais de même ; C'était un moment très fort, très beau, improbable et pourtant réel. Je fis alors le premier pas, et je lui avouai que j'avais envie de lui. Comme je le pressentais, ce sentiment était partagé : il retira sa veste, la posa à côté sur le sol, et je m'allongea dessus ... essoufflé sur moi, il me glissa à l'oreille qu'il m'aimait, et moi je lui répondis que je l'aimais encore plus fort, que je l'aimais à en mourir, et que s'il y avait un pont juste à côté je serais prête à m'y jeter pour lui sans le moindre regret : j'étais heureuse à en mourir. Il me répondit qu'il éprouvait exactement la même chose : nous nous regardâmes alors spontanément et simultanément ; Je pense que nous avons dû avoir la même idée. Nous nous relevâmes, nous rhabillâmes, et nous nous mîmes à courir sans plus nous arrêter ... jusqu'à ce qu'il y ait une fourche avec deux chemins ; Je lui dis que je voulais prendre celui de gauche, celui du c½ur, et parce que tout le monde devant une telle situation prenait celui de droite, et il ne fallait surtout pas que l'on nous retrouve. Nous nous engageâmes alors main dans la main dans le petit chemin sinueux, tout en continuant de courir. Nous finîmes par apercevoir le bord de la falaise ; Nos mains se serrèrent encore plus fort, si fort... Nous eûmes l'impression d'être libre, de voler comme les oiseaux ; Nous nous aimions à en mourir, on ne trouve la liberté que dans la mort... Putain, c'était vraiment une pure matinée !

# Posté le lundi 05 mars 2007 17:55

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 11:17

une de mes nouvelles de mon recueil "insalubrités d'un monde parfait ou : la Terre tourne à l'envers"

PLAYING SUICIDE

Hey! Toi ! Oui, toi, toi qui me regardes, dis-moi, toi, si on jouait à se suicider ? Il faudra trouver la meilleure façon de se tuer, la plus originale, la plus drôle ; hum, sweet death... Si tu décides de te pendre, il faudra que se soit à ta façon, et pas à la façon ordinaire, banalement, avec une corde... Non, c'est trop simple, pas assez imaginatif... Peut-être que tu pourras le faire avec le fil de ton téléphone, toi qui a la réputation d'être pendu au téléphone ! Non, je rigole, elle n'est même pas drôle cette blague ! Hum... Réfléchissons... Peut-être que tu pourras te pendre avec une ficelle que tu auras fabriqué, longtemps, rigoureusement, avec soin, style : un tissage à la façon des bracelets brésiliens, comme ça quand ils te découvrirons ils se rendront compte que ça faisait longtemps que tu préparais ton coup, que c'est toi-même qui avais tissé la toile de ta mort, comme si, comme l'araignée, tu avais tissé ton ultime demeure où tu te serais réfugié pour l'éternité... Elle me plaît bien cette idée, il faudra la retenir si on ne trouve rien d'autre... ça, c'est une façon propre, ''clean'' ; Si tu veux quelque chose de sale, qu'il y ait du sang partout, il faut un autre moyen, plus hard, plus gore ??? Un truc qui serait vraiment hard core, ce serait que tu fasses comme les Japonais, quand ils se donnent la mort, tu sais, le ''hara-kiri''. Ça me fait penser à un truc, j'y avais jamais avant : on PREND une vie mais on DONNE la mort...Enfin, revenons à nos moutons... Il faudrait que tu te déniches une dague, une grande et belle dague, un simple couteau de cuisine ce serait trop simple, et puis imagine le tableau quand ils découvrirons ton corps : tu seras allongé sur le sol, baignant dans ton sang, et juste à côté, qu'est-ce que l'on voit ? Un vulgaire et immonde couteau de cuisine, qui se trouve là comme un intrus... Non, imagine plutôt avec une dague, ce serait beau, ce serait la classe, un véritable spectacle, un régal d'horreur et de beauté, ce serait royal, la jouissance d'une passion extrême pour la mort... Oh oui, j'aimerais voir ça ! Au moins une fois ! Tout serait si sale, ce serait une mort royale !!! Ou alors, j'ai une autre idée !: qu'est-ce que tu dirais si on te lapidait, mais avec des pierres enflammées ? Tu sais, ça rappellerait des bombardements, pendant la guerre, et en même temps la chasse aux sorcières et l'inquisition : tu serais lapidé et immolé par le feu en même temps, comme si tu avais commis le pire des crimes ! Ça pourrait être super intéressant aussi ! Mais au final il ne resterait pas grand-chose, et il faut accepter l'idée que la moitié de ton corps sera en perpétuel voyage dans les airs... A part ça, de quelles façons pourrions-nous mourir ? Il y a une façon super simple, mais ça fait une mort propre... Tu sais, si tu fais le plein de somnifères et qu'après tu les avales tous d'un coup : ce qui est bien c'est qu'autours de ça tu peux organiser tout une mise en scène ''solennelle'', un peu ''religieuse'', mystique : tu pourrais mettre des bougies tout autours de ton lit, avec comme musique de fond du clavecin ; C'est beau le clavecin... ou non, plutôt Marilyn Manson, avec un titre comme ''Fuck Frankie'' , Frankie ce serait toi,et la vie ce serait Marilyn : en fait, pour parler vulgairement, tu enculerais la vie en te tuant, ton orgasme ce serait de t'envoler au ciel, mais ce coup-ci au sens propre... Oh oui ! Cette mort est propre mais le symbole qui en découle est si fort ! Dis, ça te dirais de mourir comme ça ? J'aimerais vraiment voir ça ! Le mépris apportant une telle jouissance... Dis, tu le feras, hein ? Allez, dis oui, pour me faire plaisir ! En plus ce sera une mort sans douleur ! Et moi ? Moi... Je n'avais pas encore réfléchis pour moi... hum... voyons... Peut-être l'overdose : il paraît que a cocaïne ou la kétamine nous envoie au septième ciel... mélangés à du Valium et de la vodka ça pourrait être explosif, tu crois pas ? Mon corps serait comme le Japon avec Hiroshima, il y aurait une véritable explosion ! Un feu d'artifice de rêves psychédéliques, de vol dans les airs et de destruction... Mais il me faudrait une mise en scène à moi aussi, je pense pas que ça fera une mort sale... Je pourrais faire ça allongée sur un tapis en peau de bête, sur le sol, dans une pièce complètement vide ; Je pourrais être entourée de crânes ''humains'' (des imitations suffiront) à l'intérieur desquels brûleraient des bougies parfumées à la fleur d'oranger, des bâtons d'encens à l'opium brûlant entre eux. Il me faudrait de la musique aussi, pourquoi pas ''L'Amoureuse'' d'Indochine ? : « Tu voulais découvrir le désir, le désir à se détruire... », Ou ''Justine''..., T'en dis quoi ? Maintenant qu'on a décrit comment on allait mourir, qu'on a vu comme ce serait magnifique et grandiose, il faut qu'on se dise quand est-ce que l'on va le faire ; demain ce serait bien, on sera samedi, j'aime bien le samedi, jour du sabbat... Ouais, ça me dirait bien ! En tout cas, y'a un truc qu'est vachement bien avec ce jeu, c'est qu'il ne peut pas y avoir de perdants : au final, on arrive tous les deux au Paradis ! Et adieu tous les soucis de la vie, tous ces ennuis qui me poursuivent encore et encore... Oh, et puis, de toutes façons une fois que je serais morte j'en aurais plus rien à foutre ! Ah ! Sweet death...

# Posté le lundi 05 mars 2007 17:54

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 11:17

une de mes nouvelles de mon recueil "insalubrités d'un monde parfait ou : la Terre tourne à l'envers"

La rivière des âmes maudites

Mon corps flotte à la surface du lac. Je n'avais pourtant rien fait de mal. J'ai toujours été gentil, loyal avec mes amis, j'étais en train de faire de super études, je n'ai jamais eut de problèmes avec personnes, sauf ces cons qui m'ont tué... C'est vrai, je suis un peu un « afro-américain » comme aime le dire ceux qui pratiquent le politiquement correct, mais est-ce seulement une bonne raison de mourir ? Je crois que personne ne peut être d'accord avec cela, sauf cette bande de cons... Personne ne choisit dans quel pays il va naître, dans quelle famille, mais surtout de quelle couleur il va naître... C'est notre chère Mère Nature qui en décide, et dans certains pays comme celui qui était le miens (ou celui que je croyais le miens), il ne fait pas bon naître trop différent de la plupart de la population, un peu trop sombre à leur goût...
Alors ils m'ont tué. En plus, ils avaient sortit le grand attirail : grandes tuniques blanches, une belle croix rouge (la croix a-t-elle encore un sens aujourd'hui ?), une mitre, on aurait dit des évêques sans visages... Ils sont venus chez moi en pleine nuit, ils m'ont surpris dans mon sommeil, je n'ai pas tout compris, j'étais encore à moitié endormis lorsqu'ils m'ont dit que je devais les suivrent pour je ne sais quelle raison... Et puis ils m'ont traîné jusque dans les bois, là où il fait toujours sombre, même le jour, et ils m'ont fait bouffer de la terre : ils m'ont dit que c'était ça que devais manger la vermine, et rien d'autre, et que c'était tout ce que je méritais... puis, ils m'ont ligoté les mains dans le dos avec une corde simple, comme on trouve partout, et ils l'ont serré bien fort, j'avais très mal, je sentais que du sang coulait sur mes poignets, je sentais que mon sang avait énormément de mal à circuler. Et puis après ils ont fait de même avec mes chevilles, qu'ils ont ligoté encore plus fort pour que je ne puisse pas marcher de moi-même et que j'ai besoin de quelqu'un pour me soutenir... Là de nouveau ils m'ont traîné pendant au moins dix minutes, plus profond dans les bois ... Je n'ai jamais aimé aller loin dans les bois, j'ai toujours eut peur... Et là dans une clairière, près d'un “ cercle de sorcières ” formé par des champignons, ils m'ont jeté violemment sur le sol, ils m'ont observé quelques instants, silencieux, puis l'un d'eux s'est mis à aboyer quelque chose en je ne sais quelle langue, et ils se sont tous jetés sur moi et ont commencé à me battre, à m'assener des coups de plus en plus fort, mécaniquement, comme s'ils avaient l'habitude de ce petit exercice d'échauffement... Un peu plus tard, le même homme qui avait donné l'ordre aux autres de me battre fit une injonction qui arrêta tout le monde dans leur élan ; ils s'éloignèrent de moi à reculons, tout doucement : malgré un de mes yeux enflé par la fracture de mon arcade, je pu voir tout leur petit spectacle : on avait l'impression que c'était une chorégraphie savamment orchestrée qu'ils effectuaient devant chacune de leur victime. Puis, deux d'entre eux revinrent vers moi et me m'agrippèrent sous les bras afin de déplacer mon corps qui ne pouvait cette fois plus bouger du tout. Ils me traînèrent encore sur quelques centaines de mètres et je pouvais entendre derrière moi les autres qui chantaient des chants racistes, que l'on aurait pu croire tout droit sortis de l'Enfer... Enfin, nous nous arrêtâmes devant un arbre gigantesque, qui devait avoir plusieurs centaines d'années : j'imaginais parfaitement qu'il avait pu voir des réunion de sorcières dans les années 1600, avant les évènements de Salem... Mais je compris bientôt que c'était des choses mille fois pires qu'il avait vu, qu'il allait voir une fois de plus ; J'aperçu sur une branche une corde qui pendait, avec une boucle au bout : cet arbre servait de gibet... Je compris soudain ce qu'il en était vraiment : ils voulaient me pendre, comme si cela n'avait pas déjà suffit qu'ils me battent comme des chiffonniers... C'est alors que les deux hommes qui m'avaient porté me laissèrent tomber sur le ventre, mordant la poussière. J'eus un petit sursaut : je voulais tenter de me sauver, mais j'étais réellement bien ligoté : ils avaient acquis l'art et la manière avec l'habitude... C'est alors que celui qui semblait être le chef s'approcha de moi doucement, il arrivait de derrière, et moi allongé je ne pouvais qu'entendre le “clap, clap” de ses pas qui avançaient dans la boue... Je sentis alors ses mains qui attrapèrent mon pantalon, et elles l'arrachèrent d'un coup violent ; Je me trouvais en caleçon devant cette douzaine de putains de mecs qui riaient aux éclats... Le chef arracha quelques secondes plus tard le peu de chose qui me restait sur les fesses, me laissant le cul à l'air devant ces enculés qui continuaient de rire. J'avais envie d'hurler, de leur cracher à la gueule, de partir, de m'enfuir, ou au moins de pouvoir me défendre bec et ongle mais les liens étaient attachés si fort que je ne pu faire aucun mouvement. C'est alors que je compris que ce n'était pas la fin de mon humiliation ; j'entendis le chef qui déboutait son pantalon et un flash se fit dans mon esprit... ils n'allaient quand même pas osé ?!!!? C'est à ce moment que je sentis une masse s'effondrer sur moi, m'écrasant plus encore dans la boue et me plaquant le visage dans le sol. C'est alors que cet enfoiré me prit, sauvagement, brutalement, me laissant crier de douleur et de rage sans espoir aucun de pouvoir bouger... après cette longue agonie, un deuxième homme vint, puis un troisième, puis un quatrième, puis un cinquième, puis un sixième, puis un septième, puis un huitième, puis un neuvième, puis un dixième, puis un onzième, puis, enfin, un douzième... Chaque fois je me demandais combien il en restait, j'avais mal, aussi bien physiquement que dans mon ego, pour une fois je m'étais réellement bien fait enculer... Et plus il y avait de mecs qui me passaient dessus et plus j'avais l'impression qu'ils étaient de plus en plus excités, comme s'ils venaient de regarder un film X ... Je fermais les yeux, je priais très fort... Et merde, à quoi ça m'a servit ? Si ça se trouve, Jésus me regardait de là-haut, et il n'a rien fait, jamais, je pensais qu'il m'aiderait le moment venu, et bien non, au moment le pire de ma vie je n'ai toujours pas vu la lumière, et c'est au moment de mourir, lorsque j'en ai le plus besoin, que finalement je m'aperçoit qu'il n'a jamais existé, que tout ça c'était que des contes pour enfants que certains adultes aiment encore à croire pour fuir une réalité qui leur paraît trop dure... Et moi je me retrouve là, comme un con, parce que je suis noir, et on se permet de me faire subir les pires sévices et les pires humiliations pour une chose dont je ne suis même pas responsable !!! Mais merde, tout ça parce que mes ancêtres sont africains... Savent ils seulement que ma mère est blanche ? Qu'elle est canadienne ? Et que mon père était déjà métis ? Tout compte fait, il ne vaut peut-être pas mieux qu'ils le sachent, si on suit leur mentalité se serait pire que tout pour eux d'apprendre que des blancs aient pu tomber amoureux de noirs... J'ai du perdre connaissance, parce que je me réveille à grands coups de gifle ; Je suis debout, soutenu par deux grands mecs costauds, et le chef est en train de me passer la corde autour du cou. Trois autres hommes tirent la corde et mes pieds ne touchent plus le sol... J'ai alors mes yeux qui se remplissent de larmes, je suffoque, j'ai mal partout, et je suis pris de convulsions qui donnent l'impression que je sautille avec la corde. Je revois le visage de Fabienne, ma fiancée avec qui je devais me marier dans quelques mois, après le diplôme, je revois le visage de mon neveu qui fait ses premiers pas, je revois l'anniversaire de mes sept ans, je revois le visage de ma mère qui m'apporte mon doudou pour que je puisse m'endormir de façon sereine, et là je m'endort... d'un sommeil éternel, paisible, ils ne me feront plus jamais de mal, mais j'espère qu'ils grilleront en Enfer, pour tout le mal qu'ils m'ont fait, pour tout le mal qu'ils ont fait, pour tout le mal qu'ils vont continuer de faire, pour tout. J'ai l'impression que mon âme quitte mon corps, que je m'envole... Je survole la scène terrible, et j'aperçois ces mecs qui détachent mon corps de l'arbre après qu'ils se soient aperçus que je ne bougeais plus. Le chef vérifia l'état de mon c½ur et il constata mon décès par un “en voilà un de moins”, puis ils détachèrent les liens qui serraient toujours mes poignets et mes chevilles. Ils transportèrent ma dépouille jusqu'à la rivière, et le jetèrent dedans sans la moindre lueur dans les yeux ; La routine quoi...
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# Posté le dimanche 04 mars 2007 14:05

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 11:17

une de mes nouvelles de mon recueil "insalubrités d'un monde parfait ou : la Terre tourne à l'envers"

une de mes nouvelles de mon recueil "insalubrités d'un monde parfait ou : la Terre tourne à l'envers"
DIEU EST MORT
(Dixit Nietzsche)

Il se tenait immobile, dans le couloir. Il était assis. Il avait un léger mouvement du torse, d'avant en arrière. Ses yeux étaient perdus dans le vague, comme sans vie : ils étaient dirigés vers le sol. Ses cheveux bruns et humides étaient en désordre. Sa chemise était déboutonnée et froissée ; Sa ceinture était elle aussi défaite, et elle pendait de chaque côté de ses hanches : elle était marron clair. Sur un de ces bras -le bras gauche-, on pouvait apercevoir des traces rouges, comme s'il avait reçu des coups, ou été griffé.
A côté de lui, sur une petite table d'appoint en bois, on pouvait voir un élastique ; Voilà d'où venaient les marques rouges du bras... Il y avait également une seringue posée sur du coton à côté de l'élastique : elle était vide. Le jeune homme se balançait toujours sur sa chaise. Son regard était toujours vide. Je m'approchais de lui, dans un souffle léger, invisible et indolore, et j'entrais en lui par son ½il : je fus dans son esprit. D'un seul coup, il y eut une énorme explosion bleue, où il semblait y avoir aussi des paillettes roses : cela me fît penser à la période psychédélique. A peine deux secondes après arriva un énorme tourbillon noir qui me terrifia ; Il emporta tout sur son passage : l'espace bleu, les paillettes roses, le tout dans un nuage de fumée et de poussière... Et tout d'un coup une rosace verte à l'intérieure de laquelle se trouvait une rosace jaune, dans laquelle se trouvait une rosace verte, etc. : en bref, une mises en abîme dans un chaos de couleurs.
Mais le noir revenait toujours. Angoissant, sournois, délétère. Les pupilles du jeune homme étaient dilatées. Que le monde est noir... “Des profondeurs, je crie ton nom seigneur” : il tombait dans un gouffre qui paraissait être sans fond ; Ses bras se laissaient emporter par la vitesse de la chute, ainsi que ses jambes. Ses yeux étaient écarquillés par l'effroi, ses doigts crispés par la terreur, mais sa bouche restée muette de tout son : c'est comme si sa voix avait disparu dans les ténèbres.
Au loin il entendit une petite voix, familière, qui le rassura. C'était une voix qu'il n'avait pas entendu depuis plusieurs mois, peut-être même des années, il ne se souvenait plus, seulement que cela faisait longtemps. Il se laissa tomber, confiant, les bras en croix, écoutant la petite voix chantante. Cette atmosphère m'inquiéta, et je me résolus à sortir de son corps.
Je me retrouvais maintenant à nouveau devant le jeune homme, et l'observais ; Il ne se balançait plus, et au coin de ses lèvres se dessinait un sourire, il était effrayant car il donnait au visage une drôle de grimace, mais il paraissait maintenant serein : son attitude était très paradoxale, mais, je ne savais pourquoi, cela me soulagea.
A côté de moi, dans un petit souffle, le jeune homme s'observa et me dit : “T'as vu comment j'ai finit ? C'est pas très glorieux, hein ? Mais on s'en fout maintenant, je t'ai retrouvé, tu es là, avec moi, nous ne serons plus jamais séparés maintenant ; Tu vois, je te l'avais dis, à l'hôpital, l'amour vainc tout, même la mort...


(crédit tableau: "l'étreinte" de Egon Schiele)

# Posté le jeudi 08 février 2007 09:48

Modifié le jeudi 03 juillet 2008 11:16